l'espace
Publié le 2 Novembre 2013
Allô, Le monde ? C’est Rob... Voilà, c’est pour te dire que je m’en vais.
Je me barre, pars comme je suis venu. Ensanglanté, en larme et arraché à la femme que j’aime.
Oui, et devine quoi ? JE PARS DANS L’ESPACE !!! (TIN-TIN-TIIIIIIIIN)
Attendez.
D’abord faut que je vous explique comment j’en suis arrivé là, ce qui, en réalité, est un classique. Une grosse déprime noyée dans l’alcool de riz agrémenté d’une cargaison d’opiacer. Une abondance de substances psychotropes pour oublier un mal-être périphérique à mon existence, un cocktail détonnant m’explosant ainsi à la gueule m’a fait dégringoler dans l'escalator de la béatitude .
De toute façon t'as vu la gueule du monde ? Sérieux.
Force est de constater que rien ne va mais que je n’y peux rien, je me moque de ceux qui essaient et me soucie que peu des martyres qui subissent, j’y prête moyennement attention et me scandalise pendant 2 jours devant BFM TV… après quoi je passe à autre chose, change de sujet d’attention comme un switch entre deux spams sur youporn, en attendant le prochain génocide, un nouveau naufrage sur Lampedusa ou un autre truc qui me scandalisera derechef …. ainsi de suite.
Ralala heureusement que tout le monde n’est pas comme moi, t’imagines le bordel !?
…
Comment ça tout le monde est comme moi ? Mince, on pue vraiment !
C’est vrai quoi, nous sommes vraiment laids.
Un « nous » global adressé au genre humain, l’être le plus évolué de ce cailloux minable, terrien perdu dans les étoiles qui espère être le centre de l’univers, dirigeant son télescope au firmament des constellations en observant d’un œil colonisateur des étoiles antédiluviennes pour les nommer arbitrairement, histoire d’accroître fictivement un patrimoine de l’humanité.
Hideux personnage s’exaltant alors devant les consensus Darwinistes en extrapolant des évolutions technologiques qui nous rapprocherons du Divin… enfin du moins pour ceux qui ont les moyens de se payer une PlayStation 4 avec un rétro-projecteur.
Une dénomination arbitraire disais-je et de surcroit peu inspirée : Pluton par-ci, Luna par là … bien qu’Uranus me sied y'a quand même des jours où je donnerais tout pour n’être que bonobo. Oui, j’imagine que pour certains Taubira et moi le sommes déjà.
Alors, Macaque parmi les Ouistitis, prince des Chimpanzés, je rêve d’autres cieux où la fornication est outrancière et où les milk-shakes à la banane couleraient à flot.
Je me taperais de délicieuses putes extraterrestres, peu farouches, dans des nébuleuses de débauche, l’équivalent céleste d’un LAS VEGAS cosmique sans le coté malsain des texans véreux bourrés aux As (de trèfle qui piquent ton cœur).
Bref.
J’ai donc décidé de m’en aller, loin.
Et comme à chaque fois, la seule solution que je connaissais je l’avais apprise en regardant le club Dorothée.
J’ai donc pris un billet pour le premier départ du « Galaxie express 999 » en direction d’une destination inconnue, en quête d’un être plus humain donc moins terrien. Qu’importe sa race, j’ai soif d’une nouvelle ère, de prendre l’air de mon un système solaire qui semble en être dépourvu.
- Ellipse -
L’aube.
A bord de mon fabuleux moyen de locomotion - j’arpente le couloir exiguë en direction du wagon restaurant, l’estomac creusé par l’anxiété, je dépose sur le comptoir un billet violet, le serveur acquiesce puis je retourne à ma place avec un moccacino bouillant et un croissant tiède que j’engloutis entre les deux sonneries annonçant le départ du vaisseau.
Rassasié, je dépose ma tête contre le hublot en écoutant les cœurs de l’armée rouge, j’observe le décor qui commence à se mouvoir lentement, les étoiles dansent autour de moi au rythme des tambours et, bercé par le ronron du moteur et des douces couleurs envoutantes de la stratosphère, je finis par m’assoupir, paisiblement, au beau milieu du cosmos intersidérale de la voie l’actose (l’actée ? Bon.. L’actée alors)
_ Ellipse -
Ailleurs.
Je me réveille en sursaut, un beau jour au milieu de nulle part, dans une gare abandonnée.
Je dévale les marches du train et bondis à l’extérieur, armé d’enthousiasme je virevolte en pénétrant dans la lumière d’un nouveau monde. Je cours en faisant des petits sauts de cabri dans des rues piétonnes en brique rouge d’une éxo-planète.
Première rencontre au détour d’un carrefour, magique, un couple au loin à la mine sombre arpente le trottoir en ma direction dans cette rue déserte, le visage fermé, ils se rapprochent lentement de moi alors je tente un sourire amical.
Lance un timide :
_ Hey, You ! - Pas de réponse.
Ils me dévisagent sans un mot et à ma vue pressent le pas dans la direction opposée.
Merde ça démarre mal.
En les voyant s’éloigner j’aperçois qu’ils étaient tout deux dépourvus de tifs, deux boites crâniennes lisses. Peut être qu’ils ont eu peur de ma tronche d’ébouriffé.
Zut il faut je m’acclimate vite, que je fasse quelque chose pour m’assimiler à ces créatures si je veux qu’elles m’acceptent.
Perdu à des années lumières de mes ustensiles ménagers, pour régler ce problème, une seule solution : ce que je ne peux pas couper je vais le cacher, le dissimuler sous ma fine écharpe blanche que j’enroule autours de ma tête.
Heureux d’avoir trouver une solution je me félicite d’être un Mac Gyver de l’espace et décide de précipiter la prochaine rencontre en allant en direction d’une hutte aux allures de taverne. Les pochtrons deshinibés sont bavards alors j’aurais peut-être un peu plus de chance ce coup-ci.
A peine entré, la musique s’arrête et une foule d’êtres, tous chauves, m’observe d’un œil mauvais, comme un étranger dans un saloon. Liquéfié par l’ambiance, je décide d’aller me rincer le gosier directement au bar.
Le tavernier me fixe de ces petits yeux enfoncés dans un crâne néandertalien avec une protubérance frontale mise en exergue par un visage imberbe. Un extra-terrestre aux allures préhistoriques. Il semble calculer ses gestes à mesure que j’approche.
Mal à l’aise, je lève le coude et passe la main derrière la tête pour me gratter la nuque, je me racle la gorge et dit :
_ Ola, Bonjours, Hello. Euh … I'a m Terrian from la terre and I don't parle super bien l’anglais mais I hope you comprendre un peu aussi le français, Maybe you connaître Grichka Bogdanov ?
Là, je ressens de la peur et de la haine dans ses yeux, il regarde autours de lui, passe les mains sous la table et sort une winchester tourne légèrement sa tête en direction des cuisines et toujours en gardant un œil sur moi, crie très fort :
_ Encore un terroriste de banlieue, MARTINE, APPELLE LES FLICS !!!!
_ Oula nnnn-o non, don't do it s’iouplait.
Là en l’espace de deux battements de cœur tout s’accélère, je pivote et m’élance en direction de la sortie. Une détonation, dans le silence, un coup de feu et je sens un métal brûlant qui me perfore l’épaule droite. Je titube jusqu’à la sortie, bouscule un mec et propulse une table dans le décor. J’arrive dehors, il fait sombre – où suis-je ? Il faut que je retourne à la gare. J’entends des cris d’animaux et des pas derrière moi, sans même me retourner je les sais à mes trousses. Une course poursuite s’engage dans les petites rues sombres, je sens mon cœurs battre, mon corps ralentir, une vive douleur me traverse quand mon bras balance, j’essaie de le maintenir immobilisé tant bien que mal avec la main gauche.
Je chancèle jusqu’au carrefour et au détour d’une rue, une horde d’autochtones déboule, jaillissant comme un seul homme – je suis tombé dans une embuscade – je suis mort, ils l’ont compris, ils ne se précipitent même plus, chacun aura sa part (du ghetto).
Cerné, j’avance dans leur direction, n’osant pas évaluer leur supériorité numérique.
Le premier de la meute s’avance avec un sourire en coin, m’assène un coup de poing, mais il est lourd, j’esquive facilement son assaut d’un pas chassé sur le coté et lui décoche un crochet supersonique avec le poing de mon valide, je lui fais mal mais ils sont trop, ils finissent par m’immobiliser, je me débats, une masse s'abat sur moi puis plus rien, trou noir.
Je les entends rire, comme je râle, je les vois danser comme je succombe, je ne pensais pas qu’on puisse autant s’amuser autour… d’un iconoclaste avec un turban en pleine agonie dans une larme de sang.
Mes lèvres tremblent et je suffoque mon dernier souffle, lève le menton à la recherche d’un sauveur… personne, dernier regard sur une pancarte routière :
« BRIGNOLES, Ville flétrie ».
Adios El Mundo je m’évapore en poussière d’étoile dans l’infini, mon époque, une micro seconde de narcissisme dans la time-line de l’existence.
L’avantage au moins c’est que j’en avais marre de toi monde, tu tournes en rond depuis des millénaires autour d’un sale prétentieux qui n’hésite pas à s’éclipser avec ta petite sœur dès que tu as le dos tourné.
Ton écosystème se désarticule depuis qu’on te shoot les entrailles au desert-eagle.
Pauvre de toi ma petite étoile chérie, rongée par tes hôtes et le désespoir, si l’univers est en perpétuelle extension c’est pour fuir le virus que tu contractes, l’humain.
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