L'effroyable rencontre d'un (troisième) type.

Publié le 19 Septembre 2014

L’égo à zéro une nuit de déprime, je procrastinais en tapant des mots rigolos dans la toolbar de Mozilla Firefox, quand soudainement j’eus l’idée saugrenue d’aller faire un tour sur mon propre blog. J’ignore pourquoi j’ai fait ça, mais voilà entre deux questions existentielles sur le rôle improbable de la mouche à merde dans l’écosystème, j’ai eu accès par inadvertance à mes statistiques et vl’atipa que je m’aperçois qu’il y’a encore des visiteurs, enfin un visiteur. Donc voilà je te dédis ce texte à toi mon choupinet, le dernier écho d’une symphonie qui s’éloigne.

Après une période d’absence plus ou moins longue, COMME MA B---

Robert décide de faire un come-back littéraire, mais pas seulement.

En effet je décide de reconquérir physiquement le cœur d’un lecteur lambda, ayant scanné toutes les IP, j’ai réussi à géolocaliser un gars, le seul, qui continue d’aller régulièrement voir si mon blog était mis à jour. (Le pauvre)

Pour le féliciter, le remercier et avant tout le reconquérir, je suis allé directement frapper à sa porte.

N’écoutant que mon courage, galvanisé par des cocktails barbituriques, j’étais fermement décider à y aller mais n’ayant aucune idée d’où j’allais mettre les pieds, j’ai tout de même pris le temps de mettre mon plus beau blaser verni et mes pompes en croco (tu sais, les mêmes que celles de snoop, dans le clip « P.I.M.P »).

Non sans élégance, je pénètre dans une zone pavillonnaire lambda, guidé par un gps syrien qui me stoppe devant un petit perron surplombé par un paillasson anglais me souhaitant la bienvenue, Welcome. Seulement sur le coup j’ai mal compris et ai lu « Malcolm »… maladresse de beuverie.

Qu’importe son blase, s’il m’apprécie, Je l’aime.

*Knock knock*

La porte s’ouvre lentement et un crane chauve, tout sourire, sort de la pénombre.

Les mains moites, poing serrés comme pour me donner du courage, je me racle la gorge et l’interpelle : « Hé euuh.. Bonsoir, tu eeeees (plissant les yeux) Walcom ! C’est ça ?

_ Euh Welcom c’est le nom de mon paillasson, Moi c’est Alain et toi qu’est-ce tu m’veux ?
_ HEY Alain ! C’est marrant parce que j’ai connu un Alain au primaire il arrêtait pas de manger son tube de colle cléopatra … - l’anecdote le laisse de marbre, je brise le silence en reprenant ma phrase - Euh, ouais bon je ne suis pas là pour ça, je viens pour (…)

Il m’interrompt

_ Bon, je t’arrête tout d’suite poulet, je ne veux rien acheter, j’ai pas envie de souscrire à une quelconque merde mensuelle surmarkétée par des VRP smicards et sionistes qui collaborent avec ce système talmudo-licoudien, je suis un dissident gaulois moi, Savoyard de père en fils depuis 20 piges !

_ Hein ? No-Non, moi c’est Robert en fait, du blog. Même que des fois j’écris des trucs.


_ Robert Dublog ? Connais pas. Tu fais erreur mon garçon.

_ Mais si, attend, je suis Robert. Tu connais FOR-CE-MENT RO-BERT TRAN-SI.

Dis-je en me tapotant la poitrine des deux mains. « Hé hé… alors, impressionné ? »


Quoi, pourquoi tu fais cette tronche ?


Oui bon, d’accord, j’ai mis du temps, m’étais même promis de ne plus « blogger » mais vois-tu je suis revenu quand la bise fut venue. (Hé hé)

Alors, cher Monsieur, laisse-moi … ou plutôt « laissez-moi » vous reconquérir.

Oh Oui, laissez-moi, une dernière fois, la chance de vous donner des leçons de morales, déverser sur votre intellect en monokini mon monoï graveleux à l’extrait de bien-pensance, vous frictionnant par la même caresse votre cuir chevelu en vous susurrant des douces ignominies saugrenues imaginées sous psychotropes par une nuit hallucinée, la tête cloitrée sous le comptoir d’un débit de boisson.

A ce moment là, il se passe la main sur le visage, d’un geste lourd et lent, comme abasourdi par mes propos.

« Hein, quoi ? J’ai même pas de cheveux. Mais qu’est-ce tu me veux Dublog ??

Sans lui laisser le temps de finir sa phrase, je me jette à genoux et lui saisis la main, comme pour l’implorer :

« Ne fais pas le con Walcom. Tu es mon dernier lecteur, reprends moi, j’en ai vraiment besoin !

J’ai besoin d’amour, de ton amour. Besoin de te crier que je m’aime, à toi, un « moi » autre que j’admire au regard de l’intérêt que tu me portes. »

Le bougre ne semble pas apprécier mon monologue, il me jette un regard noir qui transpire l’impatience et me lance un : « T’as fini ton délire là ? J’ai une polémique à créer, une contre-révolution à organiser et j’dois alimenter un site auto-financé en pay-per-view par des cyber-militants néofascistes !

A ce moment là, un éclair de lucidité me traverse l’esprit et je commence à identifier mon interlocuteur.

_ Attendez mais.. Vous êtes Soral ? Monsieur Walcom …c’est vous Alain-Walcom-Soral, c’est ça ? !! Genre c’est vous le gars de la télé. Enfin plus maint’nant … mais c’est vous le gars qui dites des trucs qui font polémique ? Qu’est-ce que vous foutez ici ? C’est vous qu’êtes allé sur mon blog !? C’est dingue ça !

_ Ferme là espèce de chien du système, je suis Alain Soral et j’ai tout une milice politique et un mouvement populaire autour de moi, je suis sociologue, analyste politique, intellectuel, écrivain et professeur de boxe française.


_ Ouais bon ça reste entre nous mais moi je suis membre d’honneur du club mickey, je pourrais être Mégalo aussi j’veux dire… Puis t’as vu ma tronche de reubeu ? J’pense qu’on fait mieux niveau sioniste. Allez, arrête tes conneries Walcom, viens on va plutôt faire un tournois de super street fighter II !

_ Bon, qu’est-ce tu me veux Robert ? « LETRANSI» c’est bien un blase typique des bobo bourgeois qui surfent une déferlante mondialiste et ultra libérale, phénomène amplifiant la vague apologète du safer sex stakhanoviste gay.

_ Hein ? Non m’sieur moi je cherchais juste un gars, Walcom, qui visite mon blog. Ah ouais parce que moi aussi j’écris des textes avec des mots compliqués en rajoutant des anglicismes pour mélanger ma prose fleury à un langage technique sociologiquement hype et mainstream.

Profitant d’un moment de flottement je me penche en avant et j’incline la tête en essayant de visionner l’intérieur de la maison par le petit espace libre laissé par l’interlocuteur qui me barre la route, j’aperçois un sol pavé de marbre et des meubles ultra-design : « Waaaaalcome t’es là ?! Bon, j’suis sûr qu’il est chez vous m’sieur Soral c’est le GPS qui l’dit ! »

Je le sens distrait alors tout en parlant je glisse ma tête sous son avant-bras velu, comme pour pénétrer à l’intérieur de son appartement, tout en continuant à parler.

Tout à coup le temps semble ralentir, il m’attrape par le col et stoppe mon élan net, un cri rauque : « Casse-toi de chez moi !! » il effectue un mouvement rotatif avec le bassin et d’un geste violent m’envoie valdinguer en arrière.

_ Aie !!!!!!

Après une chute interminable, je dégringole dans les escaliers et me ramasse la gueule sur la dernière marche.

J’entends un grand boom puis un craquement dans mon dos, brisé, je me relève péniblement en m’appuyant contre la rampe en inox, j’allume une clope et me recoiffe.

Je le regarde une dernière fois et je lui lance : « Bon pour la boxe française j’dis pas mais pour le raisonnement intellectuel, je garde un doute ! »

L'effroyable  rencontre d'un (troisième) type.

Au final j’ai pas très bien compris qui était ce monsieur tout comme je ne comprends pas trop qui sont ces gens qui réfutent tout/gobent tout. La nuance ça vous parle ?

Avec les néo-anti-système-sémites/gros connards et autoproclamés subversifs, politicards du web qui capitalisent par l’achalandage de la paranoïa, en plus de desservir la cause légitime d’une population martyre de Gazaoui, ils ont récupéré toutes les thèses complotistes farfelues et les ont remixé sauce yiddish.

Du coup, plus de place pour le Bon vieux Dédé Ufologue qui, une fois le nez bien rouge, déblatérait grave sur le complot de l’extra-terrestre qui lui aurait volé sa camionnette bleue et qui parfois introduisait encore des lasers phosphorescents dans son anus.

Et ça, franchement, c’est ultra chiant pour un gars comme moi, qui ne jure que par la Science-fiction et le Gonzo (le gonzo étant un genre pornographique glauque, plutôt low cost qui fait l’économie de tout type de scénarisation).

Autour de moi j’entends souvent parler de négationniste, loge-maçonnique illuminé anti Illuminati, tant d’idéologies pétées reprises dans la bouche d’incultes. Bah ouais t’as squizé 10 piges d’éducation scolaire alors si tu prends pas de raccourcis tu vas avoir du mal à rattraper le peloton et parler politique autour de ton bédo dans les soirées mondaines.

Le passé n’est pas si rose, le présent est anxiogène et l’avenir incertain… mais on s’en tape il reste encore pas mal de drogue dans mon cagibi, des putes de l’est dans ma rue et tout un tas de vieux jeux vidéo sous mon téléviseur HD. De quoi m’extirper de votre monde le temps d’une overdose de game over.

Tout ça pour dire que dans tout ça, j’ai de plus en plus de mal à trouver ma place, la société se partitionne, les positions se durcissent et l’étaux se resserre.

L’humanisme à deux vitesse de BHL me répugne et que dire du camp d’en face ?

Bloqué et perdu, mon esprit par en Couille, mal à l’aise dans le couloir aérien de la Malaysia Airlines, alors j’essaie tant bien que mal de vivre avec des œillères, j’écris et je me goinfre d’anxiolytiques en noyant ma tristesse dans une ivresse neuneu, superficielles. Un mode de vie virtuel que je superpose au réel.

Soyons absent, soyons fou, ignorants mais soyons heureux… Merde c’était un peu ça pas la doctrine pétainiste ?

Rédigé par Transi

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