Le retour du Jedi ébouriffé.

Publié le 2 Mai 2013

Le retour du Jedi ébouriffé.

Le retour du Jedi ébouriffé.

« Avril 2013, il fait beau… aucune envie d’écrire » Oscar Wild-Transi.

Bonsoir, c’est moi… encore et toujours de retour après une (petite) période d’absence, due principalement à des examens, une rupture sentimentale et surtout une overdose de cialis (le viagra new génération). Crise à laquelle j’ai survécu in extremis grâce à la coopération, pour le coup fructueuse, entre ma verge et mon vo-cer qui ont réussi à se mettre d’accord (pour une fois) sur le fait qu’une dose dite de « cheval » ne garantit pas pour autant l’érection d’un étalon, n’en déplaise à mon pharmacien turfiste.

Je tiens toutefois à préciser, qu’entre la rupture sentimentale et l’overdose de cialis il n’y a pas de causalité, mais je n’exclus toutefois pas qu’il puisse y avoir une corrélation.

Bref me revoilà, le visage pâle, les joues creuses, mon veston de cuir marron égratigné et mon cerveau éreinté, dans un état pitoyable à l’image de mes stan-smith. Du coup, quand j’ai croisé un SDF qui m’a fait l’aumône … m’suis dit qui fallait que j’fasse quelque chose, soigner un peu mon apparence pour les vacances quoi.

Bah oui parce que théoriquement je suis en vacances… je dis « théoriquement » parce que vu la gueule de mes copies d’examens, j’ai plus de chance d’être aux rattrapages le mois prochain, qu’en slip à Cancún avec une portoricaine aux tétons monoïsés.

Pas grave, j’irai quand même, entre deux piña coladas, en toñgs, chemise hawaïenne ouverte et sombrero de paille dans le dos (le tout assorti à ma fine moustache chicanos pré-pubère).

Mais pour l’heure, j’ai décidé de festoyer quelques jours… seulement j’ai une coupe de cheveux affreuse, ce qui ne me gênait pas trop quand il s’agissait de réviser la procédure pénale entre deux aller-retour rapides sur Redtube… Mais là ça va poser problème parce que les filles dans la vraie vie sont (malheureusement … ou heureusement) moins dociles que celles sur Brazzers – y a trop de références aux sites porno là, soit les lecteurs connaissent et ce sont des pervers, soit ce sont des incultes qui vont me prendre pour un sadique, et qui pourtant s’extasient devant « 50 nuances de grey » – Mais bref fallait faire quelque chose pour mes cheveux… alors voilà.

Après une semaine de disette à me dire « Robert, promis, demain, on met le réveil à 8h pour aller se faire raccourcir les tifs », après moult procrastination j’ai fini par me réveiller une matinée pré-printanière et je m’suis dit : « Pinez c’est le jour J ! Tu as une soirée ce soir, c’est aujourd’hui... ou demain, mais si c’est demain ce soir tu auras l’air con ».

8h01 :

Je me lève de mon lit dans la pénombre, j’ouvre mon armoire m’aperçois avec aigreur que les trois-quarts de mes habits sont dans des cartons chez mes parents ou pris par mon colocataire daltonien/casse-couille, le jean de la veille est dans la machine… rien à me mettre.

Qu’à cela ne tienne je mets un bas de survet’, mais n’ayant aucune paire de basket, guidé par un impératif capillaire, je mets des chaussures ‘’un peu habillées’’ avec mon haut de pyjama. Toutefois pour le haut j’ai trouvé une combine, j’ai mis par-dessus un sweat à capuche. C’est le matin, le chemin n’est pas long et n’ayant que deux arrêts de métro, je ne risque pas de croiser grand monde. Je ne prends pas ma carte bleue, conformément aux recommandations de ma banquière, seulement une quinzaine d’euros, l’appoint […].

8h14 :

J’arrive, en voiture, devant le parking du métro.

J’ai chaud avec ce pull, en regardant à la lumière du soleil je réalise que mon chat a dû s’y frotter toute la nuit, ou peut-être qu’il l’a carrément mis, je ne sais pas mais il a laissé sa crinière dessus, c’est horrible, je le retire et le laisse dans le coffre de la transi-mobile.

8h17

Dans le métro il y’a beaucoup… beaucoup de monde, on est en pleine semaine, qu’est-ce qui m’a fait croire que je ne croiserais personne ? Putain fuck.

J’arrive dans la rame du métro, curieusement je choisi pile celle où il y a mon ex. Combien avais-je de chances pour choisir cette rame, ce matin à exactement la même horaire que cette salope ?

Elle me regarde étrangement de la tête aux pieds. Super. N’ayant pas quitté la demoiselle en « bons termes » (vous l’aurez compris), je l’ignore maladroitement, préférant regarder mes pieds plutôt que cette vielle histoire sentimentalo-sexuelle navrante … Je regarde mes pieds puis mon reflet dans la vitre du métro, et là… je m’aperçois que j’ai un T-shirt jaune poussin trop long, un vieux survet Adidas avec une paire de mocassins… Dans le top 5 des plus gros jours de loose de ma vie… Y’a ça et le jour … (j’te raconterai)

Franchement là, si je croise un « blogger-mode » le gars il fait une crise d’épilepsie (ce qui me donne presque envie d’aller taper à la porte de Karl Lagerfeld).

8h30

Autant te dire que ce furent les deux arrêts de métro les plus longs de ma vie, mais finalement, même les moments les plus difficiles finissent par s’achever.

J’arrive tout de même à destination, je sors du métro en rasant les murs, j’arrive devant mon coiffeur, comme j’arrivais naguère devant le boss final de Final Fantasy 7… Seulement je sais pas ce qu’a foutu Sephiroth, mais il n’est pas là, en effet… le coiffeur est fermé.

Là je me dis : « Ok Boby, calmos, il doit ouvrir à 8h, il est 8h30 … il a peut-être du retard ».

Je me trouve donc fasse à un choix cornélien : soit j’attends dans une rue fréquentée, sur les trottoirs et je passe pour un junky/touffu, en manque de methamphétamine, soit je refais le chemin inverse en pleurant.

Non, je décide d’attendre… un peu… puis de plus en plus…

Seulement 10, puis 20 minutes passent et non d’un blowjob faut que j’arrêt d’être passif et que je me reprennent en main, je n’ai vraiment pas envie que ça recommence. Du coup je décide de rechercher un autre salon, voire même un toiletteur animalier, histoire de pas rentrer chez moi, une fois de plus la queue de cheval entre les jambes !

J’interpelle donc le serveur, dans le bistrot du trottoir d’en face

« Ola, Aubergiste, pourquoi le capilliculteur n’est donc point ouvert ? M’est avis que le bougre est encore au pieu, j’ai ouï dire qu’il y en aurait un autre, non loin d’ici.

_ P-p-p-Pardon, un quoi ??? !

_ Euh …Bonjour, en fait je cherche un coiffeur, celui d’en face est fermé, est-ce qu’il y en aurait un autre dans le quartier par hasard ?

_ Ah ! Vous cherchez un salon de coiffure, beh oui, y’en a un pas très loin d’ici.

_ Ou donc ?

_ A 3 rues d’ici en descendant vous prenez sur la gauche puis vous […]

Bon n’ayant aucun sens de l’orientation et aucune mémoire, je n’ai retenu que le début de la phrase et je suis sorti après avoir hoché la tête machinalement et bon, vu mon accoutrement, valait mieux que j’évite les routes trop fréquentées, pour éviter un remake de la scène du métro. D’après Apollinaire : « Les souvenirs sont cors de chasse dont meurt le bruit parmi le vent » Bah, vivement le premier blizzard, mistral ou siroco, que j’en oublie cette mésaventure navrante mon Linair-Apo.

8h50 : Je décide de faire un détour, un contour, en somme le contraire de l’itinéraire du tavernier.

J’arpente donc vaillamment des chemins inconnus de rues piétonnes très étroites, désertiques et silencieuses, j’entends même raisonner l’éco de mes pas, lorsque la talonnette de mes mocassins à gland heurte l’asphalte. En pantoufles au moins j’aurais l’air d’un mec silencieux, négligé mais qui sort de chez lui pour aller acheter le pain... Là en revanche, j’ai l’air d’un kéké en after d’un bad-trip bobo, improbable comme hideux.

Cela dit le décor est assez varié et c’est toujours plutôt cool (pour un Gaucho) de sillonner les continents exotiques dans les ruelles d’une ville cosmopolite, des épices de safran maghrébiques en passant par le quartier chinois, j’en prends plein les mirettes et les esgourdes, pis j’finis tout de même par atteindre mon but, au bout d’une bonne heure… Seulement voilà, ça n’est vraiment… mais VRAIMENT pas ce à quoi je m’attendais.

L’enseigne « Kad’hair coiffure » en dit long. Le jeu de mot est à l’image de l’entrée, c’est-à-dire délabrée, mais assez fréquentée. Alors je suis rentré et me suis assis sur un fauteuil, derrière la table remplie de prospectus et vieux magazines entreposés sur une table basse, comme dans une salle d’attente. Sur l’un de magazine people, j’ai entraperçu la couverture des probables futurs candidats de Loft Story 2, témoignant de l’obsolescence des ouvrages déjà has been dans les années 90.

Bon déjà que Nabila me rebute, je n’avais aucune envie de faire lire une rétrospective sur Loana (même si ça parlait, sûrement, de l’époque où elle n’avait pas encore battu le record de monde des T.S) du coup, J’ai préféré sortir mon Smartphone et envoyer des smileys de zizi à des filles prudes de mon répertoire téléphonique.

Et Finalement, mon tour a fini par venir.

C’est bizarre parce qu’en y rentrant, je pensais ressortir (au mieux) avec un kebab-frite… Mais je suis sorti du salon avec une coupe de cheveux plutôt correcte et surtout ultra low-cost. Donc relativement satisfait, je suis rentré chez moi, prendre un bain – pour oublier cette matinée – car désormais je ne bois plus pour oublier que j’ai une vie qui pue, mais je me rince les yeux pour être clairvoyant sur les émanations olfactives nauséabondes des vies qui m’entourent.

Alors finalement, on peut être pouilleux mais ponctuel. Or est-il possible d’être low-cost mais pour autant professionnel ? D’être «cheap » sans négliger l’hygiène ?

Je n’ai pas de vraie réponse mais, si Ryanair avait une filiale « esthétique sans luxure » je pense que ce serait in the air « kad’hair coiffure ».

Roberto-Lova-Transi, générateur de rimes pauvres depuis 1830.

Rédigé par Transi

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D
Je veux bien prendre la virginité de ton article :) ok je sors.
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