Raah...

Publié le 19 Juillet 2013

L’amour... ? La séduction ? En fait j’men tape.

L’autre jour, me baladant avec mon petit neveu dans les boulevards de Castorama , par une matinée de fin de semaine ensoleillé ; l’occasion fut semble-il idéale pour s’enfermé dans un hangar climatisé histoire de se shooter aux publicités sur lieu de vente dans l’espoir de trouver de nouveaux sanitaire. Nous progressâmes lui et moi, donc en binôme, à la recherche d’une nouvelle cuvette des chiottes. Au cours d’un périple sous Prozac, animé par un ras-le-cul mutuel, nous nous mîmes à bavarder de choses et d’autres. Moi, conscient que la quête n’était pas vraiment ragoutante aux yeux d’un pré-ado casual gamer de call of duty, ascendant PGM de counter strike ; j’ai vite compris que mes jeux de mots sur la coupe « des vis » l’ont moyennement fait marrer dans le rayon perceuse. J’ai donc tenté maladroitement de détourner cette bévue, comprenant qu’il aurait préféré passer la journée vautré devant une émission de télé réalité sur les secret’s nouvelles pop stars de the voice à Miami. Une sorte de gloubi-boulga de merde bling-bling pour les ménagères de moins de 50 de QI.

Alors entre deux ustensiles barbecue en kit pour sun day’s de bricoleur du dimanche (Sunday) , je lui tint à peu près ce langage :

Dit moi Luigi, tu as une gonzesse dans la vie ?

_ Une ... ? Quoi tonton ?

_ Bah une Gonz quoi ! Une poulette, une frangine, une pisseuse. Une nénette avec qui tu zones quoi !

_ Aah une meuf ! Euh… bah non, pas encore. Dit-il, l’air gêné en baissant la tête, rentrant son menton dans sa poitrine pour observer ses pieds.

_ Y a pas de honte mon pt’it gars ! Mais il doit bien y avoir une fille qui te plait? Regarde la vendeuse là-bas, elle a un beau p’tit c... Euuh œil ! Enfin pas qu’un mais bon le deuxième il se voit pas parce qu’elle est de profil en fait et euuh… j’ai pas voulu m’avancer (...)

_ T’embête pas tonton, j’ai compris.

_ Hum … Et dans ton école ? Forcément il doit y avoir une petite qui t’intéresse… À moins que ça ne soit pas ton genre, que tu préfères les garçons. D’ailleurs j’te vois souvent trainer avec un petit plombier italien moustachu, qui s’habille en rouge.

_ T’es nul tonton. Oui il y a bien une fille qui me plait, mais j’ose pas… Si je ne lui plait pas ?

_ Rah, oui . Vu ton duvet sous le nez, tes cheveux gras et ta voix en accordéon… Tu as peu de chances, mais crois-moi, te prendre un râteau ça n’a aucune espèce d’importance. Je vais te conter une histoire.

L’histoire débute une fin d’après midi hivernale, j’avais r’marqué cette gonz dans l’amphithéâtre depuis pas mal de temps, une petite brune aux gros nibards. Euuh… Enfin euh… Et puis merde.

Bref elle avait beaucoup de charme, un regard très doux et un sourire… transcendantal (rien que ça). Du coup la veille des vacances, v’la que je prends mon courage à deux mains et décide de l’aborder… Via facebook. Décidément les années 90s avaient plus de charme.

Je lui envoie donc une requête d’amitié, ainsi que deux invitations pour Farm Ville et Candy Crush… Histoire de lui faire bonne impression.

Elle accepte et m’envoie tout de suite un message pour me dire qu’elle ne me connaît pas vraiment, mais que je lui dis quelque chose.

Je lui explique qui je suis, un amoureux transi (tient donc), lui sors mon grand jeu de séducteur, lui cite du Verlaine, du Stendhal en lui faisant comprendre que mon cœur la met sur un piédestal.

Elle semble mordre à l’hameçon, donc je mouline, me parle de son célibat à des chansons puériles. Moi, pendant qu’elle s’étend sur la discographie de Barbara Streisand, je fais quelques blagues antisémites.

Elle apprécie moyennement, mais je la fait marrer donc elle accepte de faire plus ample connaissance via l’internet (ce qui réside principalement à quelques conversations textuelles d’une platitude déconcertante et bourrées des smileys, l’échange de quelques photos duckfacées et, au mieux, une vidéo-conférence navrante de deux extravertis digitaux décomplexés… ON VIT VRAIMENT DANS UNE EPOQUE DE MERDE).

Bref la séduction semble s’opérer. Progressivement nous échangions de plus en plus, de mieux en mieux. Naturellement je propose un rendez-vous, qu’elle accepte. Un resto qu’elle choisi et puis finalement une addition ... Qu’on partagera parce que je suis pingre et goujat.

Vient le soir J (Le soir «S» quoi). Je l’attends sur le parking d’un supermarché à proximité de sa résidence avec un bouquet de rose éternelle sur lit de papillon éphémère (le poké-équivalent real life d’une master-ball).

Bref, Elle arrive, souriante dans la pénombre, j’entre-aperçois toutefois les traits fins de son visage lumineux, son élégant tailleur, sa coupe mi- longue couleur châtain, je me dis qu’elle est ravissante... Trop pour moi en fait.

Il n’y a rien qui va de travers, alors que je respire l’imperfection. C’est vrai quoi, je suis le genre de gars tête en l’air qui oublie de mettre du peinto, pis quand j’en mets j’ai toujours un épi infâme. j’ai pourtant cessé de galoper contre ma nature depuis l'avènement ma puberté, me suis accommodé de mes défauts mais, cruelle, sa perfection me renvoie à ce que je ne serai jamais.

Elle me met donc d’autant plus mal à l’aise et je bafouille souvent comme un naze lorsqu’on débat géopolitique (oui nos échanges radieux ont parfois rencontrés des averses d’ennuis).

Bref j’te passe les détails d’un rencard peu intéressant dans le fond, parce que les récits d’amourettes de tarlouze fleur bleue m’ont toujours pété les couilles au plus haut point. Alors j’vais pas commencer à en pondre, non monsieur, ici on est badass. Puis... de toutes façons, elle m’a mit un râteau.

Entre le parking de son immeuble et le palier de sa porte, j’ai cru voir une ouverture, ai tenté une approche qu’elle a magistralement esquivé (j’ai cru voir un gros minet aussi mais c’est un autre histoire).

_ Waaah la honte non, elle ta tèj ?

_ Honte ? Non. Finalement la honte aurait été de ne pas avoir tenté.

Aucun regret. C’était, semble-il, foutu d’avance, à l’évidence... Mais qu’importe j’ai quand même essayé, me suis assuré qu’une porte est fermée plutôt que de passer devant sans avoir le courage de tourner la poignée.

Ecoute.

Je ne compte plus le nombre de râteau ou de désaveux. Déjà parce qu’il est incalculable et ensuite qu’il n'intéresse personne. Quel genre de fille se vante d’avoir mis un vent ? Un Miss(trale) Blizarre qui cherche à passé son temps avec six rocco ? (J’ai honte de cette calembour)

En tout cas Pas celles qui méritent un minimum d’attention, des râteaux j’en ai eu et j’en aurai encore, la femme de ta vie tu la connaitra sur ton lit de mort.

Puis j’te rassure, j’en séduit des flopées aussi mon p’tit gars. Alors n’oublie jamais ce que disais ton grand père, feu Raoul Lova Transi « 100% des actions qui ne sont pas tentées sont des occasions ratées»

Allons trouver cette cuvette ;

_ Oh oui !! (dit il d’un air super enthousiaste, trop enthousiaste d’ailleurs).

Ceci est peu ou prou, ce qu’aurai pu être mon grand père, Raoul, fleuve de tendresse, de sagesse et de piété.

Raah...

Rédigé par Transi

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N
Ah la la ce Robert
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